Logo Olivier Marty

 



1986       UN JARDIN SUR UNE ILE A VENISE.


Diplôme de l'Ecole Nationale Supérieure du Paysage

 

" Comment engager le « corps » dans le projet de paysage, une fois passé le temps de la saisie, du repérage, de l'imprégnation des lieux ? Comment le « corps » continue-t-il à agir, lors de l'étape beaucoup plus statique de la mise en forme d'un plan-masse ? Comment la présentation d'un projet à un public peut-elle faire partager l'émotion physique de l'espace ?

L'hypothèse est celle-ci : l'énergie de la peinture me permettra de faire glisser l'énergie du paysage dans le projet. Autrement dit : le travail du plan-masse du projet au moyen de la peinture me permettra d'insérer dans le projet l'énergie physique et les sensations plastiques accumulées lors de la saisie des lieux.

L'énergie du paysage, c'est cette force que j'apprends à décrypter, à nommer, à quantifier lorsque je l'analyse en vue d'un projet. Ce sont des vues, des gens, des mouvements, des flux, des sonorités, des lumières, des enchaînements, des changements d'échelle, des structures, des vis-à-vis harmonieux ou conflictuels…c'est une force capricieuse, qui souvent s'exprime avec aisance, mais qui parfois est tue, étouffée par trop de contradictions.

Peindre dans le paysage, c'est une mise en disponibilité, puis une somme de décisions, importantes ou infimes qui conduisent à prendre crayons ou pinceaux. C'est une dépense musculaire, la souplesse requise lors de l'exécution de la peinture. C'est le travail chimique des pigments et des liants, et la manière dont les supports (papiers, toiles…) réagissent à l'imprégnation et au recouvrement. Le transfert d'énergie du paysage vers la toile laisse le corps épuisé, vidé, mais amorce ou renouvèle le processus d'invention du projet. "


Olivier Marty, extrait de l'article "Glissements", Carnets du paysage - n°13 "Comme une danse"

 

Dessin sur le sable : esquisse d’un projet de jardin pour l’île San Servolo à Venise